Lucarne sur les pensées d'un citoyen et de sa perception de la société.
leneant | 08 mars, 2006 20:00 | (vu 572 fois)
Le 7 mars 2006, la rue a parlée et a présentée son point de vue et son opinion sur le CPE (Contrat première embauche).
Notre ministre explique qu'il faut innover, faire des propositions et aller de l'avant. Et à l'opposé, l'opposition, justement, parle d'un phénoménal saut ... en arrière.
Il est communément admis que les jeunes servent d'ajustement au marché du travail. A diplôme supérieur, ils sont embauchés à pouvoir d'achat inférieur que leurs pères. Derniers embauchés, premiers licenciés.
L'évolution n'atteint pas les mêmes salaires (en tenant compte de l'évolution de la valeur de la monnaie).
Mais est-ce tout ? N'y a t'il pas également un problème "d'employabilité" des séniors ?
A l'opposé, une entreprise qui investit dans les automates ne participe pas à la baisse du chomage, au travers d'embauches, et en plus elle ne participe pas à la redistribution des richesses au bénéfice des chomeurs en finançant les organismes sociaux.
Dans cette logique, n'y a t'il pas une contradiction fondamentale ? Surtout qu'en investissant dans le matériel, l'entreprise peut, chaque année, déduire des charges de son résultat afin de comptabiliser l'obsolescence de celui-ci ? Du coup à la fin de la période d'amortissement, l'organisation a déduit de ses résultats l'exacte valeur d'acquisition de son matériel. Que penser quand il s'agit d'un matériel qui remplace l'investissement sur le personnel ?
Ne serait-il pas logique qu'une partie des charges qui servent à tenir compte de l'obsolescence du matériel génère un flux financier qui viendrait financer les organismes sociaux chargés de répartir la richesse vers les chomeurs qui ont été délaissés au profit des automates et que les charges patronnales sur les salaires soient diminuées proportionnellement ? Ceci ne serait-il pas plus logique et plus "équitable" ?
Et la rentabilité ? Et l'industrialisation ? ...
Et la rentabilité du personnel répondrais-je, elle serait améliorée. L'industrialisation, elle ne serait pas remise en question car comme il existe un bilan et un bilan fiscal, les règles et les immobilisations dont l'amortissement peuvent donner lieu à un financement des organismes sociaux peuvent être fixées catégorie par catégorie comme c'est le cas actuellement pour les véhicules de société, les avions, les immeubles etc... Du coup seuls les matériels se substituant au travail humain et qui n'améliorent pas les conditions de travail pourraient être concernés. L'effet sur l'industrialisation et l'évolution technologique des moyens de production serait limité.
Mais surtout, il y aurait une équité plus rationnelle entre les coûts et les sources de financement de l'entraide nationnale aux chomeurs.
D'autres points peuvent être abordés, comme par exemple le financement du capital via des produits exceptionnels alors que l'activité industrielle n'est pas rentable. Ce phénomène a existé, existe et existera. Au lieu d'investir afin de rentabiliser la production industrielle, ces bénéfices viennent rémunérer le capital et hypothéquer l'avenir de l'organisation, qui un peu plus tard devra mettre en place une politique de restructuration pour réequillibrer sa situation. Alors, lorsque ceci n'est pas dans le métier de l'entreprise et que la richesse ne provient pas de sa production, pourquoi ne pas consacrer une partie de ces bénéfices au financement des organismes sociaux ?
Pourquoi multiplier les sources de financement des organismes sociaux ?
Car la richesse des consommateurs fait la richesse des entreprises. En effet, c'est en consommant, que l'activité est maintenue et que les entreprises peuvent vendre, et faire des bénéfices. Et les personnes qui consacrent la plus grande partie de leurs revenus à le réinjecter dans l'économie sont les personnes aux revenus les moins importants.
leneant | 11/03/2006, 10:04
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Concernant ce sujet, je viens (enfin) de lire l'article du monde économie daté du 7 mars 2005.
http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=936580
(article payant)
Cet article prend l'exemple de quelques entreprises qui tentent de se séparer à l'amiable au travers de préretraites prises à leur charge de leurs séniors.
Cet article présente le constat suivant (selon une enquête réalisée par l'Association Nationale des directeurs et cadres de la fonction personnel (ANDCP)) qui "montre que les séniors sont au coeur des plans sociaux" ... que "ni les salariés âgés, ni les entreprises ne sont intéressées par l'allongement de la durée de vie active instaurée par la loi Fillon".
Un décallage existe donc entre ce que préconise la loi et la réalité sociale et économique.