Lucarne sur les pensées d'un citoyen et de sa perception de la société.
leneant | 22 décembre, 2005 06:00 | (vu 429 fois)
Dans la vision actuelle que j'ai de notre société, nous participons tous à une grande fuite en avant économique.
Cette fuite est orchestrée par les entreprises à but lucratif dont l'objectif fondamental est de dégager des résultats positifs.
C'est résultats ne sont que le solde entre les recettes et les dépenses. Ils peuvent être employés de plusieurs manières dont les principales sont :
Aujourd'hui les dirigeants cherchent par tous les moyens à améliorer l'efficacité de leur entreprise afin d'en améliorer les résultats (gagner plus tout en dépensant moins). Pour y arriver ils tentent d'améliorer la productivité ; c'est à dire rendre le plus performant et le plus adaptable possible les moyens et outils de production. Ceci permet de produire en même quantité à moindre frais ou d'augmenter la production sans augmenter les coûts.
Les entrepreneurs ont plusieurs variables sur lesquelles ils peuvent intervenir :
De nos jours jouer sur le matériel ne semble par permettre des gains aussi importants qu'avant compte tenu de l'état avancé de la technologie.
La main d'oeuvre reste un des éléments avec lequel jouer. Cet un élément très efficace permettant d'obtenir le plus d'effets (amélioration des performances grâce à son adaptabilité et à sa polyvalence, baisse des coûts liés aux personnels en le choisissant efficacement, ...). Seules les règles sociales de notre pays mettent un frein à l'utilisation optimale de cette variable. Mais l'internationalisation du commerce limite ces contraintes. En effet, tous les pays n'ont pas les mêmes carcans qui limitent les possibilités d'actions sur cette variable. Encore récemment, certaines sociétés ont décidé de jouer sur la variable humaine pour améliorer d'améliorer leur productivité[1][2]. Soit disant que l'une de ces sociétés propose une reclassification en Malaisie pour ses salariés. Mais compte tenu de nos avancés sociales, ne devrait on pas plus justement parler de déclassification ?
Un tel mécanisme remet en question tous les résultats obtenus par nos aïeux au travers de leurs luttes.
Les acquis que nous pensions avoir s'envolent et les conditions contres lesquelles se sont battus nos grands parents, arrières grands parents ... reviennent au goût du jour. Certes les conditions de travail se sont, soit disant, améliorées depuis l'époque reculée de l'aire d'industrialisation. Ceci semble vrai mais ce n'est pas si évident que cela[3]. Les TMS (Troubles Musculo-Squelettiques) sont très élevés en France et proviennent, selon la source [3], d'une mauvaise organisation du travail. De plus l'exposition de bon nombre d'ouvriers à des produits toxiques et cancérigènes reste très importante. Avant la pénibilité du travail était surtout physique. Aujourd'hui elle est physique et aussi psychologique. Certes la pénibilité physique est en diminution pour grand nombre d'entre nous, mais la pénibilité psychologique est en augmentation pour la grande majorité.
Tout cela semble confirmer que l'humain devient la première variable d'ajustement des entreprises à but lucratif.
Dans la société actuelle, internationale, ouverte au monde, il n'est pas sain de se renfermer sur soi et de s'isoler du reste du monde. Avec un tel comportement nous n'évoluerons plus assez et nous ne pourrions pas évoluer au même rythme que le reste du monde, faute de moyens, d'échanges, de concurrence loyale[4] et de collaboration avec des dynamiques fortes et innovantes.
Alors que faire ?
La première chose est de ne rien faire. A ce moment, les pays en décalage social avec le notre combleront leur retard à notre dépend. Un jour ou l'autre l'équilibre entre nos sociétés s'établirait et permettrait de progresser de concert.
La deuxième chose est de réagir à notre niveau par la seule arme redoutée de toutes les entreprises à but lucratif qui est de ne pas consommer leurs produits ou leurs services. Seulement cette action se limite aux produits et services de la grande consommation directement distribués aux consommateurs finaux. Les produits intermédiaires utilisés dans la fabrication d'un produit final ne seraient pas impactés par une telle action. Sauf si les entreprises pratiquent elles aussi cette politique ou si l'action des consommateurs s'étend à de tels produits. Ainsi jouer sans restriction sur la variable humaine deviendrait potentiellement très risqué[5]. Du coup les décideurs procédant, espérons le, à une analyse de risque et économique, préféreront jouer sur des variables pour lesquelles les risques et les conséquences seraient moins importants et plus maîtrisables.
Mais dans notre société un tel comportement est utopique pour plusieurs raisons.
La première est simple : beaucoup d'entres nous n'ont pas les moyens d'agir ainsi. Leurs revenus sont tels qu'ils arrivent tout juste à satisfaire certains de leurs principaux besoins (nourriture, logement). Ils n'ont pas les moyens de politiser leur consommation.
La deuxième est une question de comportement : une part de la population peut avoir ce type d'achat politisé. Mais il faut le vouloir et ne pas "consommer au plus facile" en satisfaisant basiquement son envie. Il faut consommer sciemment de manière réfléchie. Cela nécessite d'avoir un objectif et une volonté qui ne sont pas ceux de tous.
En tout cas, pour ce qui me concerne, je ne désire pas être déclassé en Inde, en Malaisie ou ailleurs. Alors je vais appliquer cette philosophie. Certes ce ne serait qu'une goutte d'eau dans l'océan. Mais au moins je serais en accord avec mes principes.
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[1] Le Monde : Radiatex propose à ses salariés Français un poste en malaisie...
[2] Le Monde : Licenciements annocés de 400 salariés français de Salomon
[3] Le Monde : Santé l'impact des nouvelles formes de pénibilité au travail
[4] Une concurrence loyale est une concurrence accès sur l'innovation, la qualité et qui ne bénéficie d'aucun avantage et qui ne subit aucun désavantage structurels ou artificiels.
Corrigé le 15/03/06--
Veuillez m'excuser pour cette erreur.
[5] En économie existe le principe d'élasticité de la demande d'un produit. Ce principe permet de mesurer l'effet de la variation du prix d'un produit sur sa demande (consommation). Plus l'élasticité est faible forte et plus la demande varie en proportion inverse à celle du prix. Plus l'élasticité est forte faible et plus la consommation restera constante malgré de forte variation du prix. Maintenant si de nouvelles élasticités apparaissaient mesurant la variation de la demande vis à vis des ajustements sur les différents variables de production dont la variable humaine ; Que l'élasticité liée à la variable humaine soit quasiment nulle. Alors les décideurs tenteraient de jouer sur des variables pour lesquelles l'élasticité serait élevée. Mais ceci est hautement théorique car cela nécessite que l'acte de consommation deviennent politique et soit régit par des principes philosophiques forts et contraignants.
-- Corrigé le 15/03/06
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