Lucarne sur les pensées d'un citoyen et de sa perception de la société.
leneant | 12 décembre, 2005 06:00 | (vu 706 fois)
Aujourd'hui les distributeurs font preuves d'une grande imagination pour vendre les produits qu'ils proposent.
La publicité, les offres exceptionnels, les promotions, ... tout un ensemble d'arguments jouant sur la promotion des produits.
A tel point que nous, consommateurs, ne savons plus à quoi dépenser nos deniers.
Malheureusement ceci n'est pas vrai pour tout le monde. Encore en France certaines personnes ne peuvent satisfaire leurs besoins primaires (se nourrir) ni leurs besoins secondaires (se loger).
D'un autre côté beaucoup de produits servent au plaisir comme la télévision, l'ordinateur, les chaînes hautes fidélités, la musique, le cinéma... Aucun de ces objets de consommation n'est indispensable pour vivre décemment.
Parmi tous les producteurs de ces biens ou services, certains ont un comportement respectant nos valeurs d'autres non. Ce qu'ils ne savent pas, ni nous d'ailleurs, c'est qu'acheter peut devenir un acte politique.
Une simple preuve de la puissance de l'acte d'achat nous est donnée par l'histoire. En 1981, le pouvoir en place avait décidé de redistribuer la richesse aux revenus les plus faibles ; les seuls à tout réinjecter en achetant de produits de première et de seconde nécessité.
Seulement, un tel mouvement de masse ne s'est pas focalisé sur des produits nationaux. A tel point qu'il a fallu instaurer, entre autre, un contrôle strict des changes afin de maîtriser le déficit de notre balance monétaire.
Une autre preuve, de la politisation possible de l'acte d'achat, provient des conseils de boycotte sur certains produits de certaines marques qu'un jour ont lancé des associations de consommateurs.
Maintenant imaginons, que nous ayons les moyens de politiser l'acte d'achat. Il suffit d'orienter l'achat vers les produits des marques qui satisfont à nos valeurs et d'exclure les produits des autres marques.
Mais un tel système à ses limites, certains produits ne permettent pas toujours de politiser l'achat vis à vis des producteurs. Par exemple le pétrole, excepté choisir le distributeur, il n'est pas toujours possible d'en choisir la provenance.
Mais d'autres produits comme les micro ordinateurs, les télévisions, les produits alimentaires, les téléphones mobiles, les abonnements téléphoniques ... il est tout à fait possible de choisir quelles marques ou quels fournisseurs avantager.
Dans ce cadre, il faut accepter de sortir du système actuel et choisir, le cas échéant, de payer un peu plus pour un service ou un produit qui ne correspondent pas exactement à nos attentes.
C'est un effort qui permettrait aux consommateurs d'avoir un pouvoir non négligeable fasse à une hyper consommation qui nous assommes de publicité et tente de jouer sur nos comportements d'achats.
Mais le plus important c'est que les valeurs sociales et philosophiques seront à prendre en compte par les sociétés commerciales si elles veulent conserver leurs marchés. Ce serait une évolution complète du système libéral qui de la simple concurrence et de la loi des marchés devrait impérativement prendre en compte les thèmes chers aux consommateurs.
Niccos | 14/12/2005, 09:46
leneant | 14/12/2005, 11:30
Et pourtant certains consommateurs procèdent déjà ainsi. Ils zappent de chaînes aux moments ou les publicités passent à la télé. Ils n'achètent pas les produits de certaines marques pour des raisons qui leurs sont personnelles. Ils boycottent des enseignes de magasins...
Sans arriver à certaines extrémités des choix simples sont possibles.
Mais tout le monde n'a pas les moyens de le faire, ni le pouvoir.
C'est un choix personnel, pour ceux qui le peuvent et ca existe.
Tiens en parlant de voiture est-il préférable d'acheter une production Chinoise ou une production Européenne comme la Logan ?
Ce n'est qu'un exemple comme un autre. La décision et le choix sont personnels.
ADS | 11/03/2006, 17:16
ce serait plutôt toi qui devrait être moins terre-à-terre ! en tenant un tel discours, tu atteins le stade final de la désillusion, la mollesse d'un individu qui préfère satisfaire ses propres "besoins", besoins entre guillemets puisqu'ils sont fictifs, créés par la société de consommation dans laquelle nous vivons ! sous le prétexte de cet individualisme, on laisse la planète se détruire : je suis convaincu qu'acheter peut être un acte politique, dans une société où tout passe par la consommation. si un acte politique te semble inutile, remplace ce terme par citoyen. citoyen du monde, qui par le boycote ou le choix de certains produits peut éviter une catastrophe écologique ou humaine.
leneant | 14/03/2006, 14:23
Pour rebondir sur ce que dit ADS, je me demande si la consommation telle qu'elle existe aujourd'hui dans les pays développés et démocratiques n'est pas l'expression même du renfermement sur soi et de l'individualisme.
Cette question me vient systématiquement à l'esprit lorsque je vais dans les grands magasins. Quand, dans le parking, des voitures occupent deux places. Lorsque je suis dans la foule, bousculé, sans attention et sans excuse parcequ'un consommateur saute avec empressement sur le CD qu'il convoite. Lorsqu'une femme enceinte n'est pas plus ménagée qu'un jeune homme de 25 ans, par ce même consommateur.
Si encore celà était une exception, mais non, c'est le type de comportement qui est probablement le plus répendu...
Evidemment, dans un tel état d'esprit, l'acte de consommer, ne peut être ni un acte politique, ni un acte citoyen, car avant tout c'est un acte égocentrique voir égoïste. Et dans ce cas, il est possible, voir aisé de manipuler le consommateur et de jouer sur les leviers qui le font consommer, consommer, ...
Mais de nos jours, malheureusement tout le monde ne peut pas consommer avec dicernement. Les revenus les plus faibles n'ont d'autre choix que de s'endéter et de faire extrèment attention aux prix des produits. L'inconvénient d'un tel système est qu'il risque d'accroitre la consommation elle même. Par exemple les produits d'entrée de gamme ont une espérence de vie bien moindre que les produits plus chers, assurant ainsi une consommation de renouvellement plus fréquente. Un autre exemple (entendu dans l'émission on ne peut pas plaire à tout le monde du 12/03/06), les produits alimentaires d'entrée de prix n'ont pas un apport nutritionnel équivalent aux autres produits, incitant ainsi à augmenter la consommation du produit. Ce qui favorise un achat en plus grande quantité. Ce qui pour assouvir un besoin au même niveau qu'avec un autre produit nécessite une consommation en quantité et en coût plus importants alors que le prix de revient au poids ou à l'unité est plus faible.
Ce que je tente d'expliquer au travers de ces exemples, c'est qu'une consommation orientée exclusivement sur le seul critère du prix est très souvent une consommation qui n'anticipe pas les conséquences à venir (renouvellement, impacts écologiques, impacts économiques, impacts sociaux...).
Mais je le répète ce qui me désole c'est que bon nombre de citoyens, de part leur situation sociale et économique, n'ont d'autres choix que de rester prisoniers de ce type de consommation.
| « | décembre 2005 | » | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| di | lu | ma | me | je | ve | sa |
| 1 | 2 | 3 | ||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 |
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 |
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 |
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 |
"il faut accepter de sortir du système actuel et choisir, le cas échéant, de payer un peu plus pour un service ou un produit qui ne correspondent pas exactement à nos attentes"
ben tiens... Vous croyez vraiment que des gens vont se priver de la télé, la voiture ou l'ordinateur qui leurs fait envie pour d'autres sous prétexte de faire un acte politique ?
Faudrait peut-etre redescendre sur terre là.