Lucarne sur les pensées d'un citoyen et de sa perception de la société.
leneant | 08 janvier, 2006 12:30 | (vu 561 fois)
1. Comment çà marche ?
--Mise à jour 10/01/06
La faiblesse du système vient de la certification elle même. De tels fonctionnement existent à l'heure actuelle. Ils permettent de comprendre la problématique de la certification. Lorsque vous utilisez un navigateur internet pour vous connectez à un site sécurisé (https) vous échangez des certificats. Si le certificat du site n'est pas "validé" par un organisme de certification réputé de "confiance", votre navigateur ouvre une fenêtre d'avertissement et vous demande de confirmer la connexion ou non. Par contre, si vous utilisez un site non sécurisé (http), il n'y a aucun certificat et tout se passe de façon transparente.
Alors comment se comporteraient les architectures sécurisées vis à vis d'objets numériques sans certification (non pas une certification qui n'émane pas d'un organisme réputé de confiance, mais bien l'absence de certification) ?
2. Effets collatéraux
La logique déclarée de TCPA et du TCG est d'empécher une utilisation frauduleuse du matériel informatique. Grâce au contrôle des objets informatique par la vérification de leur certification, seules des utilisations licites seraient possibles. Ainsi sonnerait le glas des virus, des spyware mais aussi des copies non autorisées et des pertes financières associées pour les entreprises commerciales.
Du point de vue du consommateur, de tels systèmes peuvent sembler choquants. En effet, le matériel est acheté, il y a eut un transfert de propriété. Du coup un tel fonctionnement peut s'apparenter à une violation de la propriété privée. Ce qui peut être assez mal perçu. Un exemple pour comprendre ce concept : Que diriez-vous si votre voiture se vidangeait toute seule car vous aurriez mis une huile non certifiée par le constructeur ?
Permettez moi aussi de m'interroger sur l'efficacité et la commodité d'utilisation de tels systèmes.
Prenons l'exemple d'un traitement de texte. Celui-ci permet de lire des documents et d'en écrire. Dans le cadre de telles architectures sécurisées, le texte lu devrait être certifié. Dans ce cas, aucun problème. Qu'en est-il pour mes anciens documents qui eux ne sont pas certifiés ?
Ensuite qu'en est -il pour les textes que moi même je rédige ? A priori, ils ne sont pas certifiés (sauf pour moi ?). Pourrais-je les communiquer à un collègue avec lequel je travaille via internet ? Devrais-je m'inscrire à un service de certification réputé de confiance afin de certifier que ce document est licite pour les personnes auxquelles je désire le transmettre ? (quel serait le prix du service rendu ?) Où alors est-ce moi même qui certifie que ce texte est licite ? Si moi je peux le faire, pourquoi personne d'autre ne pourrait pas faire de même ? Y compris avec un texte qui contiendrait un contenu illicite vis à vis de la loi ?
Et enfin qu'en est-il d'un texte rédigé à l'aide d'un autre outil qui permet d'exporter mon document dans un format standard, mais sans y incorporer les éléments de certifications [3] ? Mon document sera t'il immédiatement supprimé ou ne serait t'il utilisable que par moi et non diffusable ? Si les réponses sont : Le document ne sera pas supprimé. Le document sera diffusable et consultable par autruit, alors le système est innefficace car n'importe qui pourrait recopier un texte certifié, le modifier et le diffuser sous la forme d'un texte non certifié qui ne sera pas "éradiqué" par les systèmes sécurisés. Pour qu'un système soit performant ne faudrait-il pas que de tels textes soient éradiqués ? Si oui, qu'en est il des production personnelles ? Faudra t'il payer un service de certification réputé de confiance pour écrire un mémo, une note interne pour un collaborateur ou un simple e-mail pour son cousin qui vit au canada ?
Il semblerait que ces textes ou e-mail ne risqueraient de ne pas être lisibles [4]. Ce qui serait une abération !
Donc, à titre personnel, si je sais protéger ma machine contre les attaques, ces architectures sécurisées n'ont aucun avantage à mes yeux.
Par contre, les éditeurs confrontés aux copies illicites ont tout intérêt à ce que les utilisateurs pssèdent de telles architectures sécurisées.
Et que dire des utilisateurs d'outils non commerciaux (comme les logiciels libres) mais compatibles et concurrents des outils commerciaux ?
3. Pour que çà marche
Il semblerait bien que pour que de tels systèmes sécurisés soient efficaces, il est impératif que tout objet numérique soit certifié par un organisme réputé de confiance.
4. Les conséquences prévisibles
L'interopérabilité : je ne suis pas persuadé qu'elle soit assurée entre les différents systèmes. De plus, pour les produits commerciaux, les architectures sécurisées peuvent être un moyen de capter et de fidéliser des utilisateurs au travers de la certification des objets numériques intégrée dans les produits. Cet aspect de fidélisation n'est pas présent pour les logiciels libres car ils ne sont pas "commis" dans le principal but de gagner de l'argent. Surtout que les groupes de développement n'auront pas les moyens pour payer le tiquet d'entrée au TCG [3] et d'accéder à leur technologie.
Mise à jour 10/01/06--
Les spécifications sont publiques depuis mars 2003. La dernière version est la révision 1.2 [2].
--Mise à jour 10/01/06
La protection des ordinateurs contre les codes malicieux [5] : tous les ordinateurs ne sont pas égaux fasse à cette menace. Certains ne sont pas autant la cible que d'autres et n'y sont pas aussi sensibles. Il ne faut pas imposer les architectures sécurisées a de telles systèmes qui n'en ont pas l'utilité et qui risquent d'en brider les capacités fonctionnelles [6].
ConclusionLes utilisateurs candides ont ils tout intérêt à utiliser des architectures sécurisées ? Celles-ci pourraient elles les protéger efficacement contre les attaques et l'espionnage de leur données personnelles tout en assurant l'utilisation licite de leurs produits aux éditeurs commerciaux ?
Beaucoup d'interogations restent et de nombreux points ne sont pas clairs. Une communication transparente détaillée sur le sujet et nécessaire.
Plutôt que de crier au loup, il convient d'avoir un état détaillé des possibilités prévues pour de tels systèmes sécurisés ainsi que de poser des limites afin de ne leser aucun intérêt pour en avantager d'autres et d'assurer une interopérabilité entre les différents systèmes.
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[2] Trusting Computing Group : Groupe de professionnels de l'informatique qui établit les spécifications des standards d'arhitecture sécurisée pour les ordinateurs.
Les promoteurs :
La liste complète des contributeurs ici.
Ce groupe et cette solution matérielle s'oppose à l'utilisation illicite du matériel informatique afin de préserver les droits des objets informatiques manipulables par ordinateurs (programmes, données numériques, vidéo, audio...)
Les spécifications en cours d'élaboration c'est ici.
[3] C'est typiquement le cas des logiciels libres qui n'auront pas les moyens d'adhérer au "Trusted Computing Group" dont l'adhésion la moins onéreuse est de 1000$ par an en janvier 2006. Les tarifs c'est ici.
[4] DRM, DMCA, TCPA, Palladium ...
[5] Le figaro : Ce que nous réserve 2006.
[6] Pour de tels systèmes dont les logiciels n'intègrent pas les éléments d'architecture sécurisées (TCPA ou TCG), les capacités d'interopérabilité et de traitement de l'information risquent d'être artificiellement limités. Par exemple les données émises ne pourraient pas être lues par un système sécurisé car elles ne seraient pas certifiées. Par contre l'inverse n'est pas vrai. Si les données d'un système sécurisé ne sont pas chiffrées, alors elles pourront être lues par un système non sécurisé. Mais sans garantie de certification.
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